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2022-UNAT-1291

UNAT Held or UNDT Pronouncements

L'UNAT a confirm¨¦ la conclusion du TDNU selon laquelle la d¨¦cision de l'Administration de ne pas constituer une commission d'enqu¨ºte visant ¨¤ ¨¦tablir les faits contre le FRO et le SRO de M. Yavuz ¨¦tait l¨¦gale, car les incidents d¨¦crits dans la plainte de M. Yavuz ne fournissaient pas de motifs suffisants pour qu'ils se soient livr¨¦s ¨¤ un comportement interdit ( harc¨¨lement, abus d'autorit¨¦) mais relevait du domaine des d¨¦saccords sur le lieu de travail. L'UNAT a estim¨¦ que M. Yavuz n'avait pas d¨¦montr¨¦ que les incidents mentionn¨¦s dans sa plainte concernant la conduite de son FRO et de son SRO ¨¦taient motiv¨¦s de quelque mani¨¨re que ce soit par l'une des caract¨¦ristiques ou traits (ou similaires) ¨¦num¨¦r¨¦s ¨¤ l'article 1 du ST/SGB. /2008/5, ou la mani¨¨re dont M. Yavuz a ¨¦t¨¦ trait¨¦ injustement par rapport ¨¤ d'autres cat¨¦gories de membres du personnel, ou l'utilisation inappropri¨¦e d'une position d'influence, de pouvoir ou d'autorit¨¦ ¨¤ son encontre par son FRO et son SRO, autre que l'exercice normal de ses fonctions. pouvoirs de gestion par eux,

M. Yavuz affirme que le Tribunal du contentieux administratif a appliqu¨¦ une d¨¦finition incorrecte du harc¨¨lement. Plus pr¨¦cis¨¦ment, M. Yavuz cite l¡¯article 1.2 de la norme ST/SGB/2008/5, qui stipule que ? [l]e harc¨¨lement est tout comportement inappropri¨¦ et importun dont on peut raisonnablement s¡¯attendre ou ¨ºtre per?u comme offensant ou humiliant une autre personne ?. Sur la base de cette disposition, M. Yavuz fait valoir que ? la deuxi¨¨me partie de ce crit¨¨re est purement subjective, exigeant que l'action ? soit per?ue comme provoquant une offense ou une humiliation ? sans enqu¨ºte quant ¨¤ son caract¨¨re raisonnable ?. Il soutient en outre que, tant qu'un individu trouve un comportement importun et se sent offens¨¦ et humili¨¦ par celui-ci, ce comportement doit automatiquement ¨ºtre consid¨¦r¨¦ comme du harc¨¨lement ou, ¨¤ tout le moins, comme un harc¨¨lement possible et n¨¦cessiterait une enqu¨ºte. ? l¡¯appui de ses arguments, M. Yavuz cite un certain nombre de constatations factuelles formul¨¦es par le Tribunal du contentieux des Nations Unies dans le jugement n¡ã UNDT/2021/062, qui a statu¨¦ sur sa contestation de la d¨¦cision de ne pas renouveler son engagement, qu¡¯il qualifie de ? faits ¨¦tablis qui indiquer clairement une conduite possible conforme ¨¤ la d¨¦finition du harc¨¨lement et de l¡¯abus de pouvoir ?. 70. La proposition interpr¨¦tative avanc¨¦e de M. Yavuz concernant les dispositions l¨¦gislatives cit¨¦es est d¨¦plac¨¦e. Il en va de m¨ºme pour l¡¯interpr¨¦tation par M. Yavuz des conclusions formul¨¦es par le Tribunal du Tribunal dans le jugement n¡ã UNDT/2021/062, qui n¡¯¨¦tayent pas, comme le soutient ¨¤ juste titre le Secr¨¦taire g¨¦n¨¦ral, l¡¯argument selon lequel le Tribunal aurait d? consid¨¦rer que sa plainte ¨¦tait recevable. une norme qui aurait d? obliger l¡¯Administration ¨¤ ouvrir une enqu¨ºte. 71. Aux termes de l'article 1.2 de la norme ST/SGB/2008/5, le harc¨¨lement comprend les comportements ? dont on peut raisonnablement s'attendre ¨¤ ce que l'on puisse s'attendre ¨¤ ce qu'ils soient per?us comme susceptibles d'offenser ou d'humilier une autre personne ?. Il n'est pas n¨¦cessaire d'¨¦tablir que l'agresseur pr¨¦sum¨¦ ¨¦tait mal intentionn¨¦, ¨¤ savoir que le motif de l'agresseur pr¨¦sum¨¦ n'exclut pas que sa conduite aille au-del¨¤ de la port¨¦e du harc¨¨lement. N¨¦anmoins, le crit¨¨re n¡¯est pas subjectif, car il se concentre sur la conduite elle-m¨ºme et exige un examen objectif visant ¨¤ d¨¦terminer si elle pourrait ¨ºtre attendue ou per?ue comme offensante ou humiliante pour une personne raisonnable. 72. Sur cette question, le juge du Tribunal a fait r¨¦f¨¦rence au jugement n¡ã UNDT/2021/062, dans lequel le Tribunal a estim¨¦, entre autres, que la performance de M. Yavuz n'avait pas ¨¦t¨¦ g¨¦r¨¦e ou ¨¦valu¨¦e de mani¨¨re juste et objective par son BOF. et SRO, car il a ¨¦t¨¦ influenc¨¦ par les contrastes entre eux et M. Yavuz. Cependant, le Tribunal a tout d¡¯abord soulign¨¦ qu¡¯? une chose est le mauvais usage des pouvoirs de gestion ¨C dans le cas pr¨¦sent, la mauvaise ¨¦valuation de la performance qui est une situation objective (li¨¦e aux r¨¦sultats) ¨C et une autre chose est l¡¯abus de pouvoir. autorit¨¦ dans l¡¯¨¦valuation des performances (une ¨¦valuation des performances abusive), ce qui n¨¦cessite quelque chose de plus, c¡¯est-¨¤-dire l¡¯ampleur du pr¨¦judice et du dommage, ou du moins la conscience de l¡¯injustice de l¡¯¨¦valuation des performances dans sa r¨¦alisation. ?21 Dans ce contexte, le Tribunal du PNUD a jug¨¦ que le FRO et le SRO avaient agi de bonne foi, convaincus d¡¯exercer leurs fonctions au mieux de leurs capacit¨¦s, sans intention av¨¦r¨¦e d¡¯abuser de leur position et/ou de sous-estimer d¨¦lib¨¦r¨¦ment ou, pire encore, de nuire au membre du personnel. ? Les sup¨¦rieurs hi¨¦rarchiques du requ¨¦rant ont suivi le processus d¡¯¨¦valuation des performances et aucun signe de discrimination ou d¡¯abus de pouvoir ne ressort du dossier, bien que le r¨¦sultat de l¡¯¨¦valuation des performances ait ¨¦t¨¦ objectivement injuste. ?22 74. Bien que la premi¨¨re analyse du comportement du plaignant et de son raisonnement par le Tribunal des Nations Unies mentionn¨¦e ci-dessus, faisant r¨¦f¨¦rence aux motivations du FRO et du SRO, soit erron¨¦e, car elle semble avoir appliqu¨¦ de mani¨¨re incorrecte un crit¨¨re subjectif pour ¨¦tablir un comportement interdit, elle est, n¨¦anmoins, cela n¡¯a aucune importance pour trancher la question essentielle en l¡¯esp¨¨ce, ¨¤ savoir si, du point de vue du troisi¨¨me spectateur objectif, ce m¨ºme comportement fournit des raisons suffisantes pour que les faits all¨¦gu¨¦s puissent constituer de tels faits au sens du droit applicable. ? cet ¨¦gard, comme nous l¡¯avons d¨¦j¨¤ ¨¦voqu¨¦, la conclusion finale du Tribunal est correcte. 75. En fait, un examen attentif du raisonnement du Tribunal indique qu'il a consid¨¦r¨¦ qu'il existait un lien rationnel entre les ¨¦l¨¦ments de preuve, la d¨¦cision contest¨¦e, les raisons invoqu¨¦es pour la justifier et l'objectif de la d¨¦cision ST/SGB/2008/5 (¨¤ savoir emp¨ºcher et discipliner une conduite interdite). En tout ¨¦tat de cause, un appel ne s'adresse pas ¨¤ l'encontre du raisonnement du tribunal inf¨¦rieur ; c'est contraire ¨¤ l'ordre. 76. Il convient de noter que, bien que le Tribunal ait formul¨¦ des conclusions expresses sur les motivations du FRO et du SRO ainsi que sur l'absence de pr¨¦judice ou de dommage, ¨¦l¨¦ments constitutifs du processus administratif visant ¨¤ constituer un groupe d'enqu¨ºte sur la plainte pour infractions interdites d¨¦pos¨¦e par M. Yavuz comportement, nous comprenons qu¡¯il a ¨¦galement examin¨¦ si objectivement le m¨ºme comportement des auteurs pr¨¦sum¨¦s pouvait raisonnablement ¨ºtre per?u comme offensant ou humiliant, ou constituait un abus d¡¯autorit¨¦. Sur cette base, le Tribunal est parvenu ¨¤ sa conclusion finale correcte selon laquelle les diff¨¦rents incidents d¨¦crits dans la plainte de M. Yavuz ? ne divulguent aucune conduite interdite possible en vertu de la norme ST/SGB/2008/5 de la part de son FRO ou SRO ?,24 c'est-¨¤-dire que les circonstances g¨¦n¨¦rales de l'affaire particuli¨¨re n'offrent pas au moins une chance raisonnable que les faits all¨¦gu¨¦s peut constituer un comportement interdit au sens de la loi. 78. Bien qu'il soit clair que M. Yavuz ¨¦tait m¨¦content de son ¨¦valuation de performance et de ses relations de travail avec son FRO et son SRO et qu'il y avait des tensions dans son environnement de travail, la simple existence d'une plainte pour harc¨¨lement et abus d'autorit¨¦ ne rend pas le Les all¨¦gations pertinentes sont vraies et cela ne consid¨¨re pas non plus cette plainte, en soi, comme un motif suffisant pour que l'Administration ouvre une enqu¨ºte formelle d'¨¦tablissement des faits sur la faute all¨¦gu¨¦e. L¡¯existence de probl¨¨mes interpersonnels ne constitue pas en soi un harc¨¨lement ou un abus d¡¯autorit¨¦, et la notion d¡¯? abus d¡¯autorit¨¦ ? ne couvre pas non plus tous les cas de comportement impoli et maladroit, comme l¡¯a estim¨¦ ¨¤ juste titre le Tribunal du contentieux du Tribunal en se r¨¦f¨¦rant ¨¤ son arr¨ºt dans l¡¯affaire Benfield-Laporte (UNDT/2013/162),25 confirm¨¦ par l¡¯UNAT dans son jugement n¡ã 2015-UNAT-505. 79. Sur la base de ces propositions juridiques, le Tribunal a ensuite estim¨¦ que l'Administration avait agi dans le cadre de ses pouvoirs lorsqu'elle avait d¨¦cid¨¦ de ne pas cr¨¦er de commission d'enqu¨ºte pour l'¨¦tablissement des faits. Puisqu'il n'y avait pas de motifs suffisants de croire que le FRO et le SRO avaient commis un comportement interdit au sens de la norme ST/SGB/2008/5, l'Administration n'a pas pu proc¨¦der de la mani¨¨re demand¨¦e par M. Yavuz, ¨¤ savoir ouvrir une enqu¨ºte formelle. contre eux. 80. Nous sommes d¡¯accord avec cette conclusion. Rien n'indique en l'esp¨¨ce que cet exercice du pouvoir discr¨¦tionnaire ¨¦tait inappropri¨¦ en raison du fait que l'Administration n'avait pas pris en compte des consid¨¦rations pertinentes ou en raison de la prise en compte de facteurs non pertinents. Par cons¨¦quent, la pr¨¦somption de r¨¦gularit¨¦ de la d¨¦cision administrative attaqu¨¦e demeure. De plus, comme l¡¯a indiqu¨¦ ¨¤ juste titre le Tribunal du contentieux administratif, la jurisprudence pr¨¦voit que les tribunaux ne peuvent pas remplacer les d¨¦cideurs dans de telles questions de pouvoir discr¨¦tionnaire. Enfin, les arguments de M. Yavuz concernant la d¨¦cision MEU du 31 octobre 2019 ne sont pas pertinents en appel. Seules les d¨¦cisions de l¡¯ASG rejetant ses demandes d¡¯ouverture d¡¯une enqu¨ºte d¡¯¨¦tablissement des faits contre le FRO et le SRO de M. Yavuz sont susceptibles d¡¯un contr?le judiciaire en appel. Le contr?le hi¨¦rarchique est une simple condition de recevabilit¨¦ d'une requ¨ºte devant le Tribunal du contentieux administratif et ne fait pas partie de la d¨¦cision administrative contest¨¦e.26 Les questions soulev¨¦es en appel par M. Yavuz au sujet de la d¨¦cision du MEU n'ont aucune pertinence juridique et ne seront donc pas prises en compte. ¨ºtre examin¨¦e par le Tribunal d'appel. Demande de dommages-int¨¦r¨ºts pour tort moral 82. La demande de dommages-int¨¦r¨ºts pour tort moral pr¨¦sent¨¦e par M. Yavuz est rejet¨¦e. Aucune ill¨¦galit¨¦ n¡¯ayant ¨¦t¨¦ constat¨¦e, rien ne justifie l¡¯octroi d¡¯une quelconque indemnisation. Comme ce Tribunal l'a d¨¦j¨¤ d¨¦clar¨¦, ? une indemnisation ne peut ¨ºtre accord¨¦e lorsqu'aucune ill¨¦galit¨¦ n'a ¨¦t¨¦ ¨¦tablie ; elle ne peut ¨ºtre accord¨¦e qu¡¯en l¡¯absence de violation des droits du fonctionnaire ou de faute administrative n¨¦cessitant r¨¦paration. ?2

Decision Contested or Judgment/Order Appealed

M. Korkut Yavuz, ancien fonctionnaire qui occupait le poste de sp¨¦cialiste des affaires ¨¦conomiques ¨¤ la classe P-3 ¨¤ la CEE-ONU avec un engagement de dur¨¦e d¨¦termin¨¦e, a contest¨¦ devant le Tribunal du contentieux administratif la d¨¦cision de ne pas enqu¨ºter sur sa plainte au titre de la norme ST/SGB/2008/5. contre son FRO et son SRO . Le Tribunal du contentieux administratif a estim¨¦ que le comportement all¨¦gu¨¦ par M. Yavuz ne justifiait pas l'ouverture d'une enqu¨ºte et qu'il n'y avait aucune base permettant de conclure que la d¨¦cision contest¨¦e ¨¦tait ill¨¦gale. Le Tribunal du contentieux administratif a donc rejet¨¦ la demande de M. Yavuz dans son int¨¦gralit¨¦.

Legal Principle(s)

Il existe un engagement selon lequel toutes les organisations internationales doivent avoir une ? tol¨¦rance z¨¦ro ? ¨¤ l¡¯¨¦gard du harc¨¨lement sur le lieu de travail et ne tol¨¦reront pas de conduite pouvant ¨ºtre interpr¨¦t¨¦e comme du harc¨¨lement, du harc¨¨lement sexuel ou un abus d¡¯autorit¨¦. Cela est particuli¨¨rement vrai pour les Nations Unies, car un tel comportement est contraire ¨¤ l¡¯esprit de la Charte des Nations Unies, de son Statut et R¨¨glement du personnel et des Normes de conduite de la fonction publique internationale. La politique de ? tol¨¦rance z¨¦ro ? vise ¨¤ fournir un environnement s?r ¨¤ tous les employ¨¦s des Nations Unies, exempt de discrimination pour quelque motif que ce soit et de harc¨¨lement au travail, y compris le harc¨¨lement sexuel.

En r¨¨gle g¨¦n¨¦rale, cette politique vise ¨¤ aborder la question du harc¨¨lement au travail principalement au moyen de deux m¨¦thodes. Le premier, le plus imm¨¦diat, a pour objectif correctif de rem¨¦dier ¨¤ tout ¨¦ventuel comportement inappropri¨¦ et d'appliquer les mesures n¨¦cessaires en fonction de la situation. Le deuxi¨¨me, plus large, a pour objectif pr¨¦ventif de promouvoir un environnement de travail positif et de pr¨¦venir les comportements inappropri¨¦s sur le lieu de travail.

En r¨¨gle g¨¦n¨¦rale, le fait d'engager des poursuites disciplinaires contre un fonctionnaire rel¨¨ve du privil¨¨ge de l'Organisation elle-m¨ºme et il n'est pas l¨¦galement possible de contraindre l'Administration ¨¤ prendre des mesures disciplinaires. L'Administration dispose d'un certain pouvoir discr¨¦tionnaire quant ¨¤ la mani¨¨re de proc¨¦der ¨¤ l'examen et ¨¤ l'¨¦valuation d'une plainte et quant ¨¤ l'opportunit¨¦ d'ouvrir une enqu¨ºte sur tout ou partie des all¨¦gations. Ce n'est que dans des situations particuli¨¨res (c'est-¨¤-dire en cas d'accusation grave et raisonnable) qu'un membre du personnel a le droit ¨¤ une enqu¨ºte contre un autre membre du personnel qui peut faire l'objet d'un contr?le judiciaire en vertu de l'article 2(1)(a) du Tribunal du Tribunal. Statut et article 2 du Statut du TANU. Cependant, le pouvoir discr¨¦tionnaire de l¡¯Administration peut ¨¦galement ¨ºtre limit¨¦ dans le sens inverse. Il existe des situations o¨´ la seule d¨¦cision possible et l¨¦gale de l'Administration est de refuser la demande d'un membre du personnel d'entreprendre une enqu¨ºte d'¨¦tablissement des faits contre un autre membre du personnel. En vertu de ces dispositions, une enqu¨ºte d'¨¦tablissement des faits ne peut ¨ºtre entreprise que s'il existe des motifs suffisants ou, respectivement, des raisons de croire qu'un fonctionnaire a eu un comportement insatisfaisant pour lequel une mesure disciplinaire peut ¨ºtre impos¨¦e. Par cons¨¦quent, en l¡¯absence de tels motifs ou raisons, l¡¯Administration n¡¯est pas autoris¨¦e ¨¤ ouvrir une enqu¨ºte contre un membre du personnel. Cela est d? au fait que le simple fait d¡¯ouvrir une enqu¨ºte au titre des normes ST/SGB/2008/5 ou ST/AI/2017/1 peut avoir un impact n¨¦gatif sur le fonctionnaire concern¨¦.

En ce qui concerne le pouvoir discr¨¦tionnaire de l'Administration, celle-ci est tenue de l'exercer l¨¦galement, conform¨¦ment ¨¤ l'objet de la loi d'habilitation et dans les limites l¨¦gales en vigueur. L'Administration n'a pas valablement exerc¨¦ son pouvoir discr¨¦tionnaire si elle a trait¨¦ une question administrative particuli¨¨re de la m¨ºme mani¨¨re qu'elle l'a toujours fait, sans aucune consid¨¦ration suppl¨¦mentaire, ou si elle a agi en croyant ¨¤ tort qu'elle ¨¦tait contrainte de faire un choix sp¨¦cifique, ¨¤ l'exclusion de tout autre choix parmi les diff¨¦rentes pistes d¡¯action qui s¡¯offrent ¨¤ lui. Dans ces situations, l¡¯Administration n¡¯a pas, ill¨¦galement, proc¨¦d¨¦ ¨¤ un exercice de mise en balance des int¨¦r¨ºts concurrents, en consid¨¦rant tous les aspects pertinents pour l¡¯exercice de son pouvoir discr¨¦tionnaire, afin de choisir la ligne d¡¯action appropri¨¦e.

Le pouvoir discr¨¦tionnaire de l'Administration n'est pas absolu. L'Administration a l'obligation d'agir de bonne foi et de se conformer aux lois applicables. La confiance mutuelle entre l'employeur et l'employ¨¦ est implicite dans tout contrat de travail. Les deux parties doivent agir raisonnablement et de bonne foi.

Lorsqu¡¯il juge de la validit¨¦ de l¡¯exercice du pouvoir discr¨¦tionnaire de l¡¯Administration en mati¨¨re administrative, comme dans le cas pr¨¦sent, le tribunal de premi¨¨re instance d¨¦termine si la d¨¦cision est l¨¦gale, rationnelle, proc¨¦durale correcte et proportionn¨¦e. Le tribunal de premi¨¨re instance peut examiner si des ¨¦l¨¦ments pertinents ont ¨¦t¨¦ ignor¨¦s et des ¨¦l¨¦ments non pertinents pris en compte, et ¨¦galement examiner si la d¨¦cision est absurde ou perverse. Il n'appartient pas au tribunal de premi¨¨re instance d'appr¨¦cier le bien-fond¨¦ du choix effectu¨¦ par l'Administration parmi les diff¨¦rentes voies d'action qui s'offrent ¨¤ elle. Il n'appartient pas non plus au tribunal de premi¨¨re instance de substituer sa propre d¨¦cision ¨¤ celle de l'Administration.

? la suite du contr?le judiciaire, le tribunal de premi¨¨re instance peut juger la d¨¦cision administrative contest¨¦e d¨¦raisonnable, injuste, ill¨¦gale, irrationnelle, proc¨¦durale incorrecte ou disproportionn¨¦e. Au cours de ce processus, le tribunal de premi¨¨re instance ne proc¨¨de pas ¨¤ un examen fond¨¦ sur le m¨¦rite, mais ¨¤ un contr?le judiciaire. Le contr?le judiciaire vise davantage ¨¤ examiner la mani¨¨re dont le d¨¦cideur est parvenu ¨¤ la d¨¦cision contest¨¦e et non le bien-fond¨¦ de la d¨¦cision du d¨¦cideur. Ce processus peut donner l¡¯impression au profane que le tribunal a agi comme autorit¨¦ d¡¯appel ¨¤ l¡¯¨¦gard de la d¨¦cision administrative du d¨¦cideur. Il s¡¯agit l¨¤ d¡¯une m¨¦connaissance de la t?che d¨¦licate que repr¨¦sente la conduite d¡¯un contr?le judiciaire, car la d¨¦f¨¦rence qui est due est toujours exerc¨¦e ¨¤ l¡¯¨¦gard du d¨¦cideur.

Le Tribunal du contentieux administratif dispose d'un large pouvoir discr¨¦tionnaire en vertu de l'article 18(1) de son R¨¨glement de proc¨¦dure pour d¨¦terminer l'admissibilit¨¦ de toute preuve et le poids ¨¤ accorder ¨¤ cette preuve. Les conclusions de fait du Tribunal ne peuvent ¨ºtre remises en question en vertu de l¡¯article 2(1)(e) du Statut du Tribunal d¡¯appel qu¡¯en cas d¡¯erreur de fait entra?nant une d¨¦cision manifestement d¨¦raisonnable, ce qui n¡¯est pas le cas en l¡¯esp¨¨ce. Le Tribunal est conscient que le juge qui entend l'affaire a une appr¨¦ciation de toutes les questions ¨¤ trancher et des ¨¦l¨¦ments de preuve dont il est saisi.

Aux termes de l'article 1.2 de la norme ST/SGB/2008/5, le harc¨¨lement comprend les comportements ? dont on peut raisonnablement s'attendre ¨¤ ce que l'on puisse s'attendre ¨¤ ce qu'ils soient per?us comme susceptibles d'offenser ou d'humilier une autre personne ?. Il n'est pas n¨¦cessaire d'¨¦tablir que l'agresseur pr¨¦sum¨¦ ¨¦tait mal intentionn¨¦, ¨¤ savoir que le motif de l'agresseur pr¨¦sum¨¦ n'exclut pas que sa conduite aille au-del¨¤ de la port¨¦e du harc¨¨lement. N¨¦anmoins, le crit¨¨re n¡¯est pas subjectif, car il se concentre sur la conduite elle-m¨ºme et exige un examen objectif visant ¨¤ d¨¦terminer si elle pourrait ¨ºtre attendue ou per?ue comme offensante ou humiliante pour une personne raisonnable.

La simple existence d'une plainte pour harc¨¨lement et abus de pouvoir ne rend pas les all¨¦gations pertinentes vraies et ne signifie pas non plus que cette plainte, en soi, constitue un motif suffisant pour que l'Administration s'engage dans une enqu¨ºte formelle d'¨¦tablissement des faits sur les all¨¦gations. inconduite. L¡¯existence de probl¨¨mes interpersonnels ne constitue pas en soi un harc¨¨lement ou un abus d¡¯autorit¨¦, et la notion d¡¯? abus d¡¯autorit¨¦ ? ne couvre pas non plus tous les cas de comportement impoli et maladroit.

Outcome

Appel rejet¨¦ sur le fond

Outcome Extra Text

L¡¯appel est rejet¨¦ et le jugement n¡ã UNDT/2021/129 est confirm¨¦.

Le Bureau de l'Administration de la Justice (BAJ) a pr¨¦par¨¦ ce r¨¦sum¨¦ de la jurisprudence a titre informatif seulement. Il ne s'agit pas d'un document officiel et il ne faut pas s'y fier comme une interpr¨¦tation faisant autorit¨¦ des d¨¦cisions des Tribunaux. Pour les textes faisant autorit¨¦ des d¨¦cisions, veuillez-vous r¨¦f¨¦rer au jugement ou ¨¤ l'ordonnance rendue par le Tribunal respectif. Les Tribunaux sont les seuls organes comp¨¦tents pour interpr¨¦ter leurs jugements respectifs, conform¨¦ment ¨¤ l'article 12(3) du Statut du Tribunal du Contentieux Administratif des Nations Unies (TCANU) et ¨¤ l'article 11(3) du Statut du Tribunal d'Appel des Nations Unies (TANU). Toute inexactitude dans cette publication rel¨¨ve seulement la responsabilit¨¦ du BAJ, qui doit ¨ºtre contact¨¦ directement pour toute demande de correction. Pour faire part de vos commentaires, n¡¯h¨¦sitez pas ¨¤ communiquer avec BAJ ¨¤ oaj@un.org

Les r¨¦sum¨¦s des jugements ¨¦taient g¨¦n¨¦ralement pr¨¦par¨¦s en anglais. Ils ont ¨¦t¨¦ traduits en Fran?ais et sont en cours d'examen pour en v¨¦rifier l'exactitude.